Gratitude

Je n’avais pas l’intention d’écrire après ce nouveau stage de formation. Pourtant, sur mon petit lit aux montants de métal, dans le calme du début de nuit et alors que la semaine ensemble se termine, me prend comme une envie de laisser quelques mots.

Une trace de ces jours partagés, un message de gratitude pour les camarades qui dorment (ou presque) dans les chambres contiguës.

Cohabiter avec 14 personnes n’est pas toujours chose aisée. Question de rythmes, d’habitudes, de feeling. La fatigue ou la lassitude pourraient prendre le dessus, quelques tensions naitre ou grandir. D’ailleurs elles l’ont fait, parfois.

Les pratiquants de yoga, comme les professeurs et les formateurs, sont des êtres humains. Nous trainons tous nos valises, plus ou moins lourdes : nos envies, nos peurs, nos expériences, nos manies, quelques certitudes branlantes, quelques désirs plus ou moins assumés. Je trimballe, comme tout un chacun, mon lot de mauvaise foi et d’égo mal placé.

Dans ce groupe, nous sommes tous différents. Des métiers divers, des parcours variés, un large éventail d’âges, d’origines et d’horizons. Autant de raisons de se heurter : la collision pourrait être facile, avec des trajectoires en apparence si dissemblables.

Et pourtant…

Pourtant nous avons tous quelque chose en commun. Outre le fait de souhaiter approfondir la pratique du yoga, et de désirer le transmettre, nous arpentons tous un chemin particulier. Nous avons tous initié une démarche identique, celle qui consiste à porter un regard sur nous-même pour nous améliorer.

On ne peut pas s’engager sur la voie du yoga, de façon authentique, sans s’interroger sur soi.

On ne peut pas transmettre le yoga sans avoir expérimenté sa dimension spirituelle.

On ne peut pas comprendre les Yoga Sutra de Patanjali si l’on ne fait pas l’effort de confronter la philosophie à nos vies quotidiennes.

Suis-je dans Ahimsa, la non-violence ? Dans Satyam, la véracité ? Ai-je assimilé ce que ces concepts englobent ?

Une grande part de notre travail, dans l’étude des textes, consiste à chercher des exemples concrets illustrant les aphorismes.

Et c’est là que se révèle la beauté et l’intérêt de nos différences. Chacun, dans ce groupe, possède une approche différente. Chacun son histoire, chacun sa vision, chacun ses anecdotes. De la pluralité de nos récits se dégage un tout, forcément plus grand, forcément plus riche. Sans mes camarades, combien de facettes aurais-je pu omettre ?

Nous sommes autant de miroirs les uns pour les autres. Ce que nous y voyons n’est pas toujours plaisant, nous renvoie parfois à des vérités que nous souhaiterions éviter, mais quelle force aussi, dans ces aperçus de vie, et dans l’expérience commune.

Car si je plonge plus profond en moi, si je dois faire l’effort –parfois couteux- d’admettre mes failles, de reconnaître mes travers, je dois aussi constater l’apaisement qui découle du partage. Oui, j’ai mes fêlures, j’ai abrité quelques démons, je lutte encore contre des peurs, des idées erronées, de mauvaises habitudes, je fais des choses idiotes. Mais mes camarades aussi. Et de la même façon que je ne les juge pas, je sais qu’ils gardent envers moi ce regard bienveillant. Et parce qu’ils portent sur moi ce regard bienveillant, j’arrive plus aisément à le faire envers moi-même.

La bienveillance, quelle merveille…

Ce que je retiendrai de ces moments de groupe, ce sont les sourires, les rires, les gestes amicaux, les petites attentions, et surtout la grande bienveillance qui règne au sein de notre promotion.

Aussi différents que puissent être mes camarades, ils ont cette petite lueur en eux, cette qualité précieuse, la capacité à accepter l’autre sans jugement. J’espère contribuer, comme ils le font pour moi, à les aider à voir le beau en eux-mêmes.

Merci Anne, Arthur, Cécile, Delphine, François, Gaëlle, Isabelle, Julie, Léa, Marielle, Mariln, d’être de si bons voisins de chambre, de table, de promenade ou de tapis.

Merci pour les chants, les devoirs préparés en groupe, les blagues même nases, le chocolat, les discussions et le partage.

Merci Anne, Isabelle, Philippe, de nous communiquer votre enthousiasme, d’arriver à nous faire partager vos savoirs sans jamais nous les rendre intimidants.

Je salue la lumière qui est en vous : Namaste !

*voilà*

 

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Pourquoi enseigner le yoga aux enfants ?

Quand un adulte se dirige vers le yoga, il peut généralement expliquer pourquoi. Une envie de bouger en douceur, un besoin de se reconnecter avec soi, des difficultés à surmonter, du stress à évacuer… les bienfaits du yoga sont maintenant suffisamment connus pour attirer un vaste public, bien au-delà du simple effet de mode.

Mais qu’en est-il chez les enfants ? Ont-ils vraiment besoin de cette discipline, eux qui semblent tellement en prise avec le moment présent, et sont si souvent en mouvement ? Que pourrait bien leur apporter le yoga ?

Pour moi la réponse est simple : le yoga leur apportera des clés pour bien grandir.

Explorer son corps

Les enfants sont en plein apprentissage de leur corps. Parfois maladroits, les plus petits ont aussi des difficultés à maintenir leur équilibre. La pratique des asanas, ou postures, va permettre d’explorer ce corps en développement. Certains asanas renforceront les muscles, d’autres obligeront à se concentrer pour rester en équilibre, certains encore permettront de s’assouplir en douceur (on croit que les enfants sont souples… et bien pas toujours !!). Par la pratique physique, les enfants vont renforcer leur coordination et mieux s’approprier leur schéma corporel. Apprendre des enchainements, tels que la salutation au soleil, va encore amplifier ces bienfaits tout en faisant travailler leur mémoire.

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Souffle et esprit

Le yoga, c’est aussi bien respirer. Avec de petites astuces, on peut apprendre même aux bambins à prendre conscience du souffle qui les anime. Les exercices respiratoires sont autant d’outils pour influer sur le mental : avec le souffle, on peut se calmer ou gagner en énergie. En parallèle, des exercices de méditation très simples et ludiques vont permettre aux enfants de se concentrer sur le moment présent, comme on peut le faire avec la méditation de pleine conscience. C’est incroyable de voir comme quelques minutes de méditation guidée peuvent apaiser un enfant ! Les expériences de yoga ou de méditation à l’école sont d’ailleurs de plus en plus nombreuses, et les résultats sont probants : des élèves (et des professeurs) plus attentifs, plus détendus, plus enclins à s’entraider et à coopérer… J’espère franchement que ces initiatives vont se répandre de plus en plus !

Confiance en soi

Le yoga, c’est aussi un bon moyen pour les enfants de gagner en confiance. Dans le cadre bienveillant du cours, chaque enfant va progresser à son rythme, l’essentiel étant qu’il s’amuse et expérimente. Le yoga tel que je le conçois et souhaite l’enseigner, est une pratique qui s’adapte à l’individu. On ne vise pas la posture parfaite et on peut adapter tous les asanas au besoin. Si un enfant ne tient pas en équilibre sur un pied, il peut prendre appui sur un mur. Et petit à petit, l’équilibre viendra. Il n’y a pas de notes, juste un beau chemin à parcourir.  La progression au fil des cours renforcera le sentiment de réussite.

Par ailleurs, les enfants sont vraiment avides d’apprendre. C’est dans leur nature : ils sont curieux, il veulent découvrir, essayer, tester et ont une profonde soif de nouvelles choses. Le yoga est une expérience totalement inédite pour beaucoup d’entre eux. S’allonger pour écouter les bruits qui les entourent et ensuite les dessiner, faire le chat et miauler en s’étirant, s’imaginer arbre qui étire ses branches vers le ciel, faire le ballon qui se gonfle ou se dégonfle pour se calmer… sont autant de nouveautés pour nourrir leur curiosité, et autant de choses étonnantes à raconter aux parents !

Des outils pour le futur

Mieux connaitre son corps, apprendre à utiliser le souffle pour gérer ses émotions ou son énergie, savoir se placer dans le moment présent afin d’apaiser et vivifier son esprit… a mon sens, ce sont des outils indispensables pour tout individu. C’est une partie de ce qui m’a fait aimer le yoga quand j’ai débuté, et de ce que je souhaite transmettre à mes enfants. Nous sommes tellement nombreux à aller vers le yoga à l’âge adulte, parce que quelque chose nous manque… je me dis que donner ces clés à nos enfants dès leur plus jeune âge, c’est plutôt un chouette cadeau !

Une pratique adaptée à leur âge

Evidemment, on ne peut pas enseigner le yoga aux enfants comme aux adultes. Leur capacité d’attention est moindre, ils ont besoin que ça bouge, et il faut réussir à les captiver ! Pas question de rester dix minutes en Savasana en silence… Le rythme est plus soutenu, et l’apprentissage passera souvent par le jeu. Certaines postures seront à éviter car leur force musculaire n’est pas totalement développée. Les cours seront constitués par âges : 4 à 8 ans, 8 à 12 ans, ados. Et évidemment, un bon professeur est indispensable !

Pour finir, quelques articles ou sites sympas sur le sujet :

un article du monde sur les bienfaits du yoga à l’école

Une fiche de l’éducation nationale sur un projet de yoga au collège, avec de bons résultats

Le site de Little Flower Yoga (en anglais), un programme américain de yoga que j’aime beaucoup 

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Devenir professeur de yoga ?

Quand j’ai démarré ma formation de professeur de yoga, il y a un peu plus d’un an, je n’envisageais pas vraiment d’enseigner.

Je voyais plutôt la formation comme un moyen d’approfondir ma pratique (11 ans déjà !), acquérir de nouvelles connaissances, étudier les asanas plus en détail, aborder le versant philosophique du yoga… et  me forcer à me mettre d’avantage sur mon tapis.

Surtout, j’avais vraiment besoin d’un projet positif et motivant. Nous avions encaissé beaucoup de choses en 2015, en apprenant la maladie de notre fille et en devant faire face à toutes les difficultés que sa pathologie entrainait. Par moment, j’avais l’impression de m’enfoncer dans un abîme triste et sombre et j’étais anxieuse de la façon dont notre vie allait évoluer.

Démarrer cette formation, c’était une manière de construire quelque chose de beau, mais aussi de m’obliger à « faire autre chose ». Autre chose que prendre soin de ma fille ou bosser comme une forcenée, autre chose que m’inquiéter sans cesse. C’était me contraindre à déposer un peu ce fardeau et à ne penser qu’à moi… cela semble facile mais de nombreux parents seront d’accord avec moi : prendre du temps pour soi quand on a des enfants, ça peut être compliqué. Alors avec un enfant malade…

Appuyée par mon professeur, soutenue par mon chéri, je m’inscris.

Et me voilà engagée dans cette formation, pour 4 ans.

J’étudie les textes, découvre avec bonheur Patanjali, explore les pratiques, examine les spécificités du yoga de Desikachar. Je reçois un enseignement riche et porteur. Je rencontre de belles personnes, je partage avec de nouveaux amis. Plus que jamais, je sens tout le potentiel du yoga, en terme de bien-être, d’épanouissement. Plus que jamais, j’ai envie de transmettre les outils que le yoga nous apporte à mes enfants.

Et peut-être aussi un peu aux autres.

Petit à petit, l’idée fait son chemin.

Ça commence comme une boutade : si ça se passe trop mal au bureau, au pire, je pourrai toujours devenir prof de yoga.

Ça continue subrepticement, avec cette pensée qui revient de plus en plus souvent pendant les cours et la formation : « et si c’était moi qui guidais la séance, j’expliquerais comment ?  »

Et puis je quitte mon job, et vient la semaine de stage. Je m’aperçois que doucement, je me projette comme professeur, à réfléchir à ce que je voudrais apporter à mes élèves en priorité. Mais la peur est toujours là : peur de prendre la parole devant un groupe, peur de ne pas être à ma place, peur de mal faire, peur de ne pas être « à la hauteur ». Mais après tout, la formation ne sera pas finie avant encore 3 ans… et même si les élèves peuvent commencer à enseigner dès la deuxième année, rien ne me presse.

Vient la rentrée, et tout s’accélère. Une opportunité qui se dessine, des sollicitations, et une envie particulière. Parfois, les choses ont l’air de se mettre en place de façon parfaitement fluide et coordonnée, et ça fait du bien.

Alors qui sait, je n’attendrai peut-être pas la fin du cursus pour démarrer l’enseignement… mais ça je vous en reparlerai !

Je finis avec une vague de pensées reconnaissantes :

Une fois de plus, je ne peux que remercier mon chéri d’avoir été si solide et confiant, et de m’avoir apporté un tel soutien. Sans lui, rien n’aurait été possible… merci Amour !

Je remercie aussi les personnes qui m’ont encouragée, et qui aujourd’hui me font confiance et m’accompagnent dans mon projet, c’est vraiment bon de se sentir portée de cette façon !

Namaste les copains !

Namaste

J’ai aimé/pas aimé… au Yoga Festival Paris

Le Yoga Festival, c’est un grand rendez-vous annuel autour du yoga (ou de « l’art de vie yogique ») où l’on peut pratiquer, se renseigner, regarder, apprendre, participer à des ateliers, des cours collectifs, des conférences ou encore déambuler entre les stands.

Le Yoga Festival Paris 2016 se tenait au Paris Event Center, porte de la Villette, du 21 au 24 octobre, et j’y ai passé toute la journée dimanche ainsi qu’une partie du lundi.

C’était assez chouette, très intéressant sur bien des points, mais ce n’étais tout à fait calme, Om et sérénité.

Petit retour sous forme de j’aime / j’aime pas !

J’ai aiméla multitude de cours proposés, que ce soit dans l’espace central ou dans les espaces Yo et Ga. On pouvait pratiquer gratuitement et la programmation était vraiment intéressante : Iyengar, yoga du son, yoga du rire, acroyoga, yoga africain, salutations au soleil, yoga pour le système digestif, kundalini… j’aurais voulu tout essayer ! Le programme incluait aussi une multitude de conférences, un espace dédié à l’alimentation, des ateliers payants, ainsi que des master class.

Je n’ai pas aimé... l’espace alloué aux cours gratuits, qui m’a semblé vraiment petit, surtout l’espace central. Je pense qu’il y a dû y avoir des déçus, qui n’ont pu s’y joindre faute de place. J’ai réussi à me glisser dans ceux où je voulais aller, mais pas dans des conditions optimales (collée à l’estrade… ou au dos de ma voisine).

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AcroYoga avec Yohann Guichard dans l’espace central

J’ai aimé… l’ambiance bon enfant qui régnait dans cette drôle de foire. Pas du tout prétentieux, pas intimidant, assez tranquille. Comme le Yoga Festival était couplé au salon « Vivez Nature », la population était mixée, entre pratiquants du yoga et adeptes du bio ou « naturel ».

Je n’ai pas aimé… le côté foire, justement. Comme je venais essentiellement pour pratiquer, j’ai été surprise de l’immense zone de stands, et du coup j’ai eu l’impression que la partie commerciale avait été favorisée par rapport à la partie « pratique ».

J’ai aimé… trouver de l’inattendu, malgré tout, dans les stands. Entre les classiques bols tibétains, ouvrages dédiés au yoga ou à l’ayurveda et autres pashminas, on a découvert de drôles de choses. Les garçons ont été intrigués par des aliments aux insectes (mais pas au point de gouter le chocolat aux grillons). Et j’ai eu le plaisir de tester l’aerial yoga avec ma copine Gaëlle, ainsi que deux supers blogueuses, la lumineuse Tiphaine de Road to yoga et la dynamique Emilie de My happy yoga.

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Aerial Yoga avec les copines… c’était étonnant et très cool !

J’ai aimé… les ateliers jeunes yogis ! 4 ateliers chaque jour dédiés spécialement aux enfants à partir de 4 ans, certains accessibles aux parents aussi pour pratiquer avec les gnomes. C’était vraiment chouette et ceux auxquels j’ai participé avec les garçons étaient vraiment top. Des ateliers s’adressaient aussi aux professeurs de yoga et aux éducateurs souhaitant enseigner le yoga aux enfants. C’était génial !

Je n’ai pas aimé… l’insonorisation inexistante pour les ateliers gratuits. Dans l’espace Jeunes yogis notamment, où on avait parfois du mal à s’entendre, entre la sono de l’espace central, le brouhaha montant des stands, les pratiquants de l’atelier d’à côté…

J’ai aimé... que les ateliers payants aient lieu dans un lieu isolé et calme. L’atelier « méditation de pleine conscience » auquel j’ai participé n’aurait pas eu la même saveur avec l’ambiance sonore du « yoga village ».

Je n’ai pas aimé… le lieu en lui-même. Ayant eu la chance de participer au Yoga Festival au CentQuatre en 2013, je m’attendais à un endroit aussi beau. J’ai été déçue ! Le Paris Event Center n’a pas le charme d’un bâtiment historique…

J’ai aimé… rencontrer des professeurs ou orateurs solaires, brillants, formidables, venant de plein d’horizons différents.

Bilan ? C’était quand même bien chouette, très instructif, motivant et ça valait définitivement le déplacement ! En revanche un peu plus de place pour pratiquer, et un peu moins de bruit, ça serait vraiment génial !

Allez, à l’année prochaine !

Pour finir, quelques chiffres communiqués par l’organisation, histoire de prendre la mesure de la richesse de l’événement :

3 000 m² à Paris + 700 m2 (à la Cité des Sciences)

10 000 personnes attendues (ou 46 000 en comptant les visiteurs de Vivez Nature)

30 styles de yoga

48 ateliers de pratique de 1h30 ou 2h30 dans 3 salles silencieuses

100 cours gratuits tous niveaux

2 journées de Master Class

28 conférences prestigieuses du Journal du Yoga

de la musique

un espace enfants (« Jeunes Yogi ») de 5-16 ans, avec des cours en continu

un Espace « se nourrir » avec des cours de cuisine végétarienne, vegan, ayurvedique….

260 m² dédié aux cours libres et aux démonstrations.

2500 m² d’exposition -120 exposants

40 bénévoles

2 espace de restauration végan & végétarienne

Une jolie séance de yoga en famille (vidéo)

J’ai eu un coup de coeur pour cette jolie séance de yoga, à faire en duo avec son mini-yogi préféré !

Une petite histoire autour des animaux sauvages sert de fil conducteur à cette séance ludique, où l’on trouve même de l’acroyoga… De quoi s’amuser et se défouler, c’est parfait.

Trouvée sur le blog Nature & Découvertes, qui regorge d’articles drôlement sympas sur le sujet.

Enjoy !

L’agenda Yoga d’octobre : les yogis du coeur

Un chouette rendez-vous yoga aura lieu en octobre à Paris, et j’ai bien l’intention d’y participer !

Le dimanche 9 octobre, dès 10h, le Grand Palais accueillera les Yogis du coeur.

capture-decran-2016-09-19-a-10-47-49Cet événement est organisé par Mécénat chirurgie cardiaque, une association dont la principale mission est de permettre à des enfants atteints de malformations cardiaques de venir se faire opérer en France.

Après une édition 2015 au chateau de Versailles (mythique si j’en crois ceux qui y étaient), c’est le Grand Palais qui accueillera cette année les yogis pour une séance guidée d’1h30. Pour les 20 ans de l’association, 2700 yogis sont attendus, soit le nombre d’enfants sauvés depuis la création de Mécénat chirurgie cardiaque.

Moi qui aime tant le Grand Palais, et qui était si déçue d’y avoir loupé le Lolë White tour en 2013, me voilà enfin prête à savourer mon Savasana sous la verrière !

Les inscriptions se font en ligne : 25€ pour l’entrée et le t-shirt collector Yuj, 55€ pour l’entrée, le t-shirt et le tapis de yoga en liège Nature et Découverte, et 15€ pour les mini-yogis de 6 à 12 ans.

Pourquoi je veux y aller ?

  • pour pratiquer -enfin- sous la nef du Grand Palais
  • pour partager l’énergie de 2700 yogis réunis
  • pour soutenir Mécénat chirurgie cardiaque (100% des fonds récoltés consacrés aux opérations)
  • pour la séance mini-yogi où j’ai inscrit le Grand
  • pour savourer un thé dans ce lieu fabuleux
  • pour repartir avec un t-shirt en coton bio et de beaux souvenirs partagés avec mon mistouflet !

Et vous, ça vous tente ?

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Une journée en formation de prof de Yoga

Juillet 2016, Château de V.

8h, je m’éveille au chant des oiseaux

6h, le claquement de la porte des sanitaires me réveille en sursaut. Probablement un quatrième année qui part faire ses ablutions matinales avant sa pratique personnelle.

Je grommelle, m’enfouis sous l’oreiller, la housse plastique du matelas crisse délicatement sous le drap. Encore quelque dizaines de minutes avant de me lever. Dormir, dormir… BLAM. Très bien, l’univers veut probablement que je me lève. Ou les quatrième année sont vraiment sadiques. Le flip flop des tongs dans le couloir fait une douce musique, le soleil brille, les arbres ondoient dans le parc, j’ouvre la fenêtre pour profiter de la fraîcheur de l’air matinal. 12 degrés, pour un mois de juillet, c’est quand même… vivifiant.

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Comment mettre à profit ces heures lumineuses de calme matinal ? Relire mes notes sur les Yoga Sutra ? Chanter des mantras ? Enchainer quelques salutations au soleil ? Méditer ?

Je décide d’approfondir les concepts de samsaya et alasya.

Je traine au lit sans savoir quoi faire, donc.

Le gargouillis de mon estomac me réveille à 7h24. J’enfile ma tenue, attrape tapis, cahiers et bouteille d’eau et file dans la salle du bas. Notre professeur ne nous compte plus : « si Arthur est là, tout le monde est là ».

Consigne du jour : construire une séance de 40 minutes, en plaçant une inversion comme posture centrale. « D’abord, fermez les yeux et pensez à ce que vous avez envie de faire », nous dit notre professeure. Des images de hamac et de bains chauds me traversent l’esprit. 7h35, nous compulsons nos notes et fiches. Définir la posture centrale, choisir les préparations, sans oublier les contre-postures. S’assurer que l’ordre des postures est respecté. C’est debout-assis-couché ou debout-couché-assis, déjà ? Et après mon viparita karani, je mets ou deux contre-postures ? « Il vous reste 5 minutes ». A 7h45, nous sommes tous debout sur nos tapis, prêts à expérimenter la pratique que nous venons de construire. Les mouvements de bras s’enchaînent. Cécile fait l’arbre, Delphine se tourne vers les arbres, Marielle se concentre sur le sthiti… On pourra relever que je suis extrêmement concentrée sur ma propre pratique, vu les détails que j’emmagasine sur mes camarades. J’en appelle à Patanjali, Desikachar et yogi Coudoux pour que la sérénité s’installe en moi. Inspire, expire, inspire, expire.

8h25, nous terminons nos pranayamas respectifs et émergeons doucement. On entend les ventres gargouiller entre les respirations ujjayi. A table !

Le petit déjeuner sent bon le café et l’énergie positive. Une nouvelle occasion pour les newbies de première année d’observer les quatrième année et de prendre la mesure de qui nous attend. A droite on parle du mémoire à rendre en octobre, à gauche on débat des bhavanas à proposer aux élèves débutants, en face on cause de l’IFY et des Rencontres 2017. De notre côté on débrieffe la partie de « petit bac » de la soirée précédente. Difficile de trouver un animal en U, mais la nouvelle catégorie « yoga » a eu beaucoup de succès et MarieLN a déchiré. Chacun ses challenges !

9h30, la grande salle est baignée de lumière et les oiseaux chantent dans le parc. Entre les passages des avions, on arrive même à les entendre. Les bouilloires commencent à chauffer, les thés à fumer, puis chacun s’installe. Imperturbable, la conscience en éveil et le dos droit, le yogi s’assoit au sol en toute circonstance. Ou il attrape une chaise. Ferme et confortable.

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La matinée de cours file, entre étude des textes, pause où s’échangent chocolat ou bonnes adresses en Inde, et ateliers pratiques. A l’heure du déjeuner, nous regagnons le réfectoire affamés mais nourris de nouveaux concepts, astuces, idées. Les plats circulent : les véganes, les sans gluten, l’inévitable poisson. Puis on se donne rendez-vous en début d’aprèm pour travailler par petits groupes. C’est qu’il y a des devoirs à préparer.

Une expédition au supermarché plus tard, nous sommes parés pour le gouter mais aussi la soirée… une surprise se prépare. Cette excursion rend le retour au château plus précieux : la moquette murale, c’est un style discutable, mais la bienveillance au sein de notre groupe est sans prix.

Après les échanges par trois ou quatre, place aux présentations orales. Les quatrième année s’acquittent de l’exercice avec brio. Nous autres nouveaux vivons la situation avec une grâce variable. De rougissements en hésitations, les interventions de chacun touchent pourtant l’auditoire. Avec Anne nous explorons vieilles pierres et fumeux pétards ; Gaëlle nous donne une délicieuse leçon de yukti. Les récits émeuvent ou amusent. Un peu plus aisément chaque jour -même si la tentation de se terrer sous un tapis demeure.

Avance rapide sur les heures de cours, riches, les ateliers, bénéfiques, pour arriver au débriefing de la pratique du soir en groupe. Il est question de souffle, de vibrations, voire de douches de lumière. On partage le beau, les sentiments de gratitude ou de joie, mais aussi pour certains la lassitude ou une fatigue, la difficulté à rentrer dans la séance ou à allonger l’expiration. La vie, quoi.

Une journée de plus écoulée dans cette semaine un peu hors du temps, les discussions du dîner se poursuivront ce soir au coin du feu. Alors que François ramasse du bois et chasse les moustiques, que Léa prépare et empapillotte les bananes au chocolat, on repense à cette parenthèse et à tout ce qu’on a appris.

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C’est la dernière soirée, la plus belle, celle où on chante sous les étoiles, où Julie devient experte en grillage de chamallows, où Isabelle invoque Adèle et Bob Morane, où le madison, le hip hop et le chant védique se téléscopent.

C’est une soirée riche de rires et d’échanges, comme le fut toute la semaine.

Merci à tous mes camarades pour la beauté de ces jours, je suis fière de faire partie de cette promotion de formateurs.

Merci à nos camarades de quatrième année : Alessandra, Alison, Antoine, Boujar, Carole, Catherine, Delphine, Isabelle, Marie-Astrid, Nicole, Patricia, pour nous avoir montré vos chemins et nous avoir donné envie de suivre vos pas.

Merci à nos formateurs, pour avoir su créer de si belles conditions à notre apprentissage, et pour votre talent à transmettre vos savoirs.

Les oreilles de chat et moi vous saluons tous bien bas (sans oublier jalandhara bandha)

Vivement la suite !

De la beauté du yoga nu(e)

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Elle souhaite rester anonyme, même si on peut la découvrir nue chaque jour dans diverses postures de yoga. En moins de 6 mois, nude_yogagirl a rassemblé plus de 330 000 followers sur  son compte Instagram.

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Ses photos en noir et blanc sont sublimes, ses asanas fascinants. Sur les images, rien d’autre qu’elle et son tapis. On ne verra si son visage de face (anonymat oblige), ni ses seins, ni quoi que ce soit qu’Instagram trouverait répréhensibles.

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On sait qu’elle est modèle et photographe, qu’elle a 25 ans. Sur son site internet, elle partage des articles traitant de bienveillance, d’acceptation, d’effort, et des conseils pour débuter ou progresser en yoga. Les textes accompagnant ses photos sur IG vont souvent dans ce même sens : acceptation de soi, persévérance, recherche du bien-être, valorisation de la gentillesse…

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En parcourant son compte et son site, je m’interroge un peu : est-ce un « coup » marketing, cherche-t-elle à vendre quelque chose ? Pour avoir passé beaucoup de temps sur Instagram, je sais que dans la communauté du yoga en ligne, les enjeux commerciaux sont réels. Derrière les belles photos, on vend beaucoup, on construit des notoriétés qui deviennent à leur tour bankables.

Mais au final, même si nude_yogagirl souhaitait monétiser son image ou se promouvoir d’une quelconque façon, je m’en fiche un peu.

Elle est magnifique, ses photos sont magnifiques, et ses asanas reflètent une pratique réelle et probablement assidue. Elle a déclaré au Huffington Post pratiquer depuis des années, et quotidiennement depuis un an. Je veux bien la croire.

Elle promeut un mode de vie sain, prône la bienveillance. Elle affirme que cette pratique l’a aidée à accepter son corps tel qu’il est… et même si l’on est tenté de dire « ça n’a pas dû être trop difficile avec une plastique pareille », finalement 1) on n’en sait rien (si les complexes étaient tous justifiés, ça se saurait) et 2) le message reste important à transmettre.

Plus important encore, elle aide à populariser le yoga, encore un peu plus. Si les belles images, ou le simple fait qu’elle soit nue, lui attirent des vues et des abonnés, tant mieux ! Car sur le nombre, certaines et certains auront envie de pousser la porte d’un studio de yoga, ou trouveront la confiance qui leur manquait pour le faire jusqu’alors. Et au final nude_yogagirl aura contribué à (ce qui me semble être) une très bonne action.

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Le yoga est-il un sport {comme les autres }?

Tenir une posture, sentir les muscles travailler, parfois trembler, transpirer.

Voir la silhouette changer, gagner en force et en souplesse.

Progresser, se sentir bien.

Pratiquer les asanas, ou postures du yoga, peut vraiment ressembler à un sport.

Aussi quand on me dit que le yoga est mou, « pas assez tonique », qu’il revient à s’étirer lentement pendant une heure sur un tapis, à respirer de l’encens en chantonnant des mantras, j’ai envie de dire « oh ! Le yoga ça n’est pas que ça !« . Je voudrais expliquer à quel point le yoga peut être une discipline exigeante physiquement, et la satisfaction d’arriver à certains résultats, à force de persévérance.

Et en même temps…

Quand on me dit « ah oui j’ai fait un cours d’ashtanga, c’était pas mal au niveau cardio et je te dis pas les courbatures le lendemain ! », j’ai envie de dire « oh ! le yoga ça n’est pas que ça !« . Je voudrais raconter l’importance du souffle, le pranayama, les postures qui ne sont qu’un chemin vers la méditation, les yamas, et tellement, tellement d’autres choses…

Mais au fait, qu’est-ce qu’un sport ? Selon le CNRTL (un de mes sites préférés du monde), un sport est une « activité physique, le plus souvent de plein air et nécessitant généralement un entraînement, qui s’exerce sous forme de jeu ou de compétition, suivant des règles déterminées ». C’est aussi la « forme spécifique que prend cette activité physique, considérée comme une discipline autonome ayant ses règles, son organisation, son entraînement, ses codes, ses valeurs« .

Règles, organisation, entrainement, codes, valeurs. Oui. Jeu ou compétition ? Allons donc chercher la définition de jeu : « Activité divertissante, soumise ou non à des règles, pratiquée par les enfants de manière désintéressée et par les adultes à des fins parfois lucratives« . Intéressant, comme définition, non ? Participer à un cours de yoga, est-ce moins divertissant que d’aller courir une heure, marquer des paniers, répéter une chorégraphie ?

Au vu de ces descriptions, on peut reconnaitre sans trop d’effort que le yoga -une partie du yoga- s’inscrit bien dans la définition d’un sport.

Alors soit, le yoga est un sport. En partie. Je sais que cela va faire bondir certains yogis, mais le yoga est une activité physique, et pour certains il ne sera toujours que ça. Une discipline sportive quelque part entre la gym douce et la contorsion, selon les pratiques. Un sport où l’on demande de respirer de telle façon, où l’on propose des enchaînements, où les mouvements sont codifiés. Une pratique sans compétition, mais où l’on observe parfois ce que font les autres et où l’on se compare. Un ensemble d’exercices avec une possibilité de progression. Un moyen de se muscler et d’être en meilleure santé physique.

Mais dans ce cas, est-ce un sport… comme les autres ?

Je ne sais pas bien comment on pratique dans les sports « classiques ».

Ayant surfé à une époque et cotoyé pas mal de surfeurs, je sais qu’il y a le plus souvent chez eux un côté écolo ou au moins éco-conscient. Le surf apprend l’humilité. Il suffit de se prendre quelques grosses vagues sur le museau pour comprendre que l’océan est définitivement plus fort que soi. Le surf enseigne la patience : attendre la vague, ramer, revenir, attendre la vague, ramer plus loin, revenir, attendre… (oui j’attendais beaucoup, moi). Il pousse généralement à une certaine admiration de la nature, voire un sentiment de communion avec les éléments. : cela peut sembler mystique, mais surfer une vague est à mon sens une des plus belles expériences qu’on puisse vivre dans une vie. Si l’on ajoute la discipline nécessaire (il faut se plier aux horaires de marées, prendre soin de son matériel, persévérer, idéalement adopter une certaine hygiène de vie…) le surf peut finalement constituer un lifestyle à part entière, sous-tendu par des valeurs de tolérance, de reconnaissance, de respect de l’autre et de la nature.

Il est d’ailleurs révélateur de voir que ces valeurs, acquises à force d’application, de labeur face à des éléments à la fois peu coopérants et sublimes, sont moins présentes chez les snowboarders. Pour la plupart des snowboarders, arriver en haut de la montagne ne demande pas d’effort, remontées mécanique aidant. A 16h les pistes ferment et la nuit approche de toute façon… Le snowboard n’est pas le surf, même si certaines sensations peuvent se retrouver et si le snow se réclame de son cousin aquatique (c’est en tout cas ce que nous raconte le marketing, les mêmes marques se retrouvant sur les cimes et sur les plages). No pain, no gain. Moins on lutte à glisser sur sa planche, moins on semble avancer sur la voie de l’harmonie avec la nature.

Pour autant, fournir un effort important n’est pas garantie d’épanouissement. J’ai dansé, et vu le goût de l’effort et la recherche de la perfection… deux notions qui, poussées à l’extrême, peuvent causer bien des dégâts chez les jeunes danseurs et danseuses. Et que dire des pointes qui déforment les pieds, des séances d’assouplissement parfois proches de la torture ?

Pour ce qui est des « autres » sports, que je n’ai pas pratiqués et ne vois que de loin, j’ai l’impression que certaines valeurs sont généralement mises en avant : esprit d’équipe, respect de l’adversaire, respect des règles, persévérance, effort, implication, discipline. Mais à quel degré sont-elles indispensables pour progresser ? Si l’esprit d’équipe semble plutôt impératif pour avancer dans le foot, la bienveillance ou l’honnêteté en revanche ne semblent pas particulièrement développées chez les footballers professionnels. Notez bien que mon avis est uniquement basé sur ce qu’on entend ou lit dans les média, vu que je ne connais personnellement aucun footballer (mais avouez aussi que les footeux pros, c’est quand même pas les mecs les plus avenants de la planète).

Que dire du cyclisme, au sujet duquel on entend couramment que le dopage est la norme ? Que penser de toutes les pratiques sources de blessures, qu’il s’agisse de coups encaissés en combat de boxe ou des claquages dus à une pratique trop  intense ? Si le sport a généralement pour but d’améliorer ou maintenir une condition physique, que devient-il quand il met la santé du sportif en danger ?

La question que je me pose, finalement, c’est : « Est-ce que ces sports rendent heureux ? ». Est-ce qu’ils aident à se sentir bien ? Je peux imaginer que le joueur qui remporte un match de tennis est content. Mais l’est-il quand il perd ? On entend « l’important c’est de participer », mais quand on est très investi, qu’on s’entraine pour remporter une compétition ou un match… est-on vraiment satisfait même si l’on perd ? Plus l’enjeu demande d’effort, plus on doit être déçu…

J’ai ainsi la tentation de séparer les « sports » en deux catégories : ceux où l’on se confronte aux autres, et ceux où l’on est face à soi. Un même sport peut d’ailleurs entrer dans les deux catégories : celui qui court en compétition ne vit surement pas sa pratique comme celui qui arpente les routes uniquement pour son plaisir.

Je regrette de ne pas connaître mieux les arts martiaux, car je comprends que leur pratique intègre une dimension spirituelle, un cheminement moral. A ce titre, ils se rapprochent peut-être du yoga.

Parce que le yoga en tant que sport, finalement, n »est que la partie émergée de l’iceberg.

Le yoga, en vrai, est très loin de se limiter aux asanas. Le yoga est une pratique ancestrale, et a pour objectif de supprimer la souffrance. Pour cela il emprunte plusieurs voies, et la pratique physique s’inscrit à l’intérieur d’un ensemble bien plus vaste, bien plus riche.

Le yoga est une philosophie et un mode de vie.

Si on le souhaite.

yoga amélie

Rien ne m’appelle, rien ne m’attend

C’est une petite phrase qu’a prononcée mon prof de yoga, Denis, lors d’un précédent cours.

Nous étions en Savasana, la posture du cadavre. Une posture faite pour la détente des muscles et de l’esprit, pour la relaxation. Allongé sur le dos, on décontracte tous les muscles, on laisse le corps reposer au sol, le souffle libre, l’esprit apaisé.

Et durant ce moment dédié au calme, ce jour-là, mon esprit n’arrêtait pas de mouliner. Autant pendant les postures précédentes, j’avais réussi à canaliser mes pensées en me concentrant sur la respiration et les mouvements, autant là c’était un assaut des pensées importunes. Le boulot, les tâches non terminées, les appels que je n’avais pas eu le temps de passer la veille et qu’il fallait que je note pour lundi, les mails non envoyés, les dossier du mois à venir. Après une semaine ultra-remplie et fatigante, pleine de journées stressantes, j’avais du mal à redescendre, à calmer l’afflux des idées. A peine allongée, immobile, laissée à moi-même, et hop ! retour au taf. Epuisant.

Calmer ses pensées, ça n’est pas une mince affaire, mais ça s’apprend. Parfois j’y arrive bien. Mais il y a des jours où c’est plus difficile que d’autres et là, avec mes bouffées de stress, je n’y arrivais pas du tout. Invasion totale et persistante.

Et puis mon prof, qui guidait ce moment de relaxation, nous a dit quelque chose du genre « Vous reposez sur le sol, vous êtes dans le moment présent« , et il a ajouté « Rien ne vous appelle, rien ne vous attend« .

Ça m’a fait un petit déclic. Rien ne m’appelle, rien ne m’attend. Je suis dans une salle de yoga, et je suis tranquille. Mon téléphone ne va pas sonner, aucun mail ne peut m’atteindre. Je ne suis en retard pour rien, ici. Et plus : aucun enfant ne va venir me réclamer un camion de pompier ou des rondelles de concombre. Pas de couche à changer, pas de Légo à ranger. Je suis libre, dans cette parenthèse.

Rien ni personne ne m’appelle, rien ni personne ne m’attend.

Je ne peux pas dire que je me suis trouvée illico en totale relaxation, mais cette phrase m’a aidée à apaiser -un peu- les fluctuations du mental. Et ça fait partie des avantages de suivre un cours avec un professeur : suivre une voix peut être vraiment salutaire.

Je vais garder cette phrase dans ma « boîte à outil », je pense qu’elle me resservira à nouveau prochainement ! Merci Denis 🙂

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