J’ai aimé/pas aimé… au Yoga Festival Paris

Le Yoga Festival, c’est un grand rendez-vous annuel autour du yoga (ou de « l’art de vie yogique ») où l’on peut pratiquer, se renseigner, regarder, apprendre, participer à des ateliers, des cours collectifs, des conférences ou encore déambuler entre les stands.

Le Yoga Festival Paris 2016 se tenait au Paris Event Center, porte de la Villette, du 21 au 24 octobre, et j’y ai passé toute la journée dimanche ainsi qu’une partie du lundi.

C’était assez chouette, très intéressant sur bien des points, mais ce n’étais tout à fait calme, Om et sérénité.

Petit retour sous forme de j’aime / j’aime pas !

J’ai aiméla multitude de cours proposés, que ce soit dans l’espace central ou dans les espaces Yo et Ga. On pouvait pratiquer gratuitement et la programmation était vraiment intéressante : Iyengar, yoga du son, yoga du rire, acroyoga, yoga africain, salutations au soleil, yoga pour le système digestif, kundalini… j’aurais voulu tout essayer ! Le programme incluait aussi une multitude de conférences, un espace dédié à l’alimentation, des ateliers payants, ainsi que des master class.

Je n’ai pas aimé... l’espace alloué aux cours gratuits, qui m’a semblé vraiment petit, surtout l’espace central. Je pense qu’il y a dû y avoir des déçus, qui n’ont pu s’y joindre faute de place. J’ai réussi à me glisser dans ceux où je voulais aller, mais pas dans des conditions optimales (collée à l’estrade… ou au dos de ma voisine).

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AcroYoga avec Yohann Guichard dans l’espace central

J’ai aimé… l’ambiance bon enfant qui régnait dans cette drôle de foire. Pas du tout prétentieux, pas intimidant, assez tranquille. Comme le Yoga Festival était couplé au salon « Vivez Nature », la population était mixée, entre pratiquants du yoga et adeptes du bio ou « naturel ».

Je n’ai pas aimé… le côté foire, justement. Comme je venais essentiellement pour pratiquer, j’ai été surprise de l’immense zone de stands, et du coup j’ai eu l’impression que la partie commerciale avait été favorisée par rapport à la partie « pratique ».

J’ai aimé… trouver de l’inattendu, malgré tout, dans les stands. Entre les classiques bols tibétains, ouvrages dédiés au yoga ou à l’ayurveda et autres pashminas, on a découvert de drôles de choses. Les garçons ont été intrigués par des aliments aux insectes (mais pas au point de gouter le chocolat aux grillons). Et j’ai eu le plaisir de tester l’aerial yoga avec ma copine Gaëlle, ainsi que deux supers blogueuses, la lumineuse Tiphaine de Road to yoga et la dynamique Emilie de My happy yoga.

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Aerial Yoga avec les copines… c’était étonnant et très cool !

J’ai aimé… les ateliers jeunes yogis ! 4 ateliers chaque jour dédiés spécialement aux enfants à partir de 4 ans, certains accessibles aux parents aussi pour pratiquer avec les gnomes. C’était vraiment chouette et ceux auxquels j’ai participé avec les garçons étaient vraiment top. Des ateliers s’adressaient aussi aux professeurs de yoga et aux éducateurs souhaitant enseigner le yoga aux enfants. C’était génial !

Je n’ai pas aimé… l’insonorisation inexistante pour les ateliers gratuits. Dans l’espace Jeunes yogis notamment, où on avait parfois du mal à s’entendre, entre la sono de l’espace central, le brouhaha montant des stands, les pratiquants de l’atelier d’à côté…

J’ai aimé... que les ateliers payants aient lieu dans un lieu isolé et calme. L’atelier « méditation de pleine conscience » auquel j’ai participé n’aurait pas eu la même saveur avec l’ambiance sonore du « yoga village ».

Je n’ai pas aimé… le lieu en lui-même. Ayant eu la chance de participer au Yoga Festival au CentQuatre en 2013, je m’attendais à un endroit aussi beau. J’ai été déçue ! Le Paris Event Center n’a pas le charme d’un bâtiment historique…

J’ai aimé… rencontrer des professeurs ou orateurs solaires, brillants, formidables, venant de plein d’horizons différents.

Bilan ? C’était quand même bien chouette, très instructif, motivant et ça valait définitivement le déplacement ! En revanche un peu plus de place pour pratiquer, et un peu moins de bruit, ça serait vraiment génial !

Allez, à l’année prochaine !

Pour finir, quelques chiffres communiqués par l’organisation, histoire de prendre la mesure de la richesse de l’événement :

3 000 m² à Paris + 700 m2 (à la Cité des Sciences)

10 000 personnes attendues (ou 46 000 en comptant les visiteurs de Vivez Nature)

30 styles de yoga

48 ateliers de pratique de 1h30 ou 2h30 dans 3 salles silencieuses

100 cours gratuits tous niveaux

2 journées de Master Class

28 conférences prestigieuses du Journal du Yoga

de la musique

un espace enfants (« Jeunes Yogi ») de 5-16 ans, avec des cours en continu

un Espace « se nourrir » avec des cours de cuisine végétarienne, vegan, ayurvedique….

260 m² dédié aux cours libres et aux démonstrations.

2500 m² d’exposition -120 exposants

40 bénévoles

2 espace de restauration végan & végétarienne

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De la beauté du yoga nu(e)

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Elle souhaite rester anonyme, même si on peut la découvrir nue chaque jour dans diverses postures de yoga. En moins de 6 mois, nude_yogagirl a rassemblé plus de 330 000 followers sur  son compte Instagram.

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Ses photos en noir et blanc sont sublimes, ses asanas fascinants. Sur les images, rien d’autre qu’elle et son tapis. On ne verra si son visage de face (anonymat oblige), ni ses seins, ni quoi que ce soit qu’Instagram trouverait répréhensibles.

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On sait qu’elle est modèle et photographe, qu’elle a 25 ans. Sur son site internet, elle partage des articles traitant de bienveillance, d’acceptation, d’effort, et des conseils pour débuter ou progresser en yoga. Les textes accompagnant ses photos sur IG vont souvent dans ce même sens : acceptation de soi, persévérance, recherche du bien-être, valorisation de la gentillesse…

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En parcourant son compte et son site, je m’interroge un peu : est-ce un « coup » marketing, cherche-t-elle à vendre quelque chose ? Pour avoir passé beaucoup de temps sur Instagram, je sais que dans la communauté du yoga en ligne, les enjeux commerciaux sont réels. Derrière les belles photos, on vend beaucoup, on construit des notoriétés qui deviennent à leur tour bankables.

Mais au final, même si nude_yogagirl souhaitait monétiser son image ou se promouvoir d’une quelconque façon, je m’en fiche un peu.

Elle est magnifique, ses photos sont magnifiques, et ses asanas reflètent une pratique réelle et probablement assidue. Elle a déclaré au Huffington Post pratiquer depuis des années, et quotidiennement depuis un an. Je veux bien la croire.

Elle promeut un mode de vie sain, prône la bienveillance. Elle affirme que cette pratique l’a aidée à accepter son corps tel qu’il est… et même si l’on est tenté de dire « ça n’a pas dû être trop difficile avec une plastique pareille », finalement 1) on n’en sait rien (si les complexes étaient tous justifiés, ça se saurait) et 2) le message reste important à transmettre.

Plus important encore, elle aide à populariser le yoga, encore un peu plus. Si les belles images, ou le simple fait qu’elle soit nue, lui attirent des vues et des abonnés, tant mieux ! Car sur le nombre, certaines et certains auront envie de pousser la porte d’un studio de yoga, ou trouveront la confiance qui leur manquait pour le faire jusqu’alors. Et au final nude_yogagirl aura contribué à (ce qui me semble être) une très bonne action.

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Le yoga est-il un sport {comme les autres }?

Tenir une posture, sentir les muscles travailler, parfois trembler, transpirer.

Voir la silhouette changer, gagner en force et en souplesse.

Progresser, se sentir bien.

Pratiquer les asanas, ou postures du yoga, peut vraiment ressembler à un sport.

Aussi quand on me dit que le yoga est mou, « pas assez tonique », qu’il revient à s’étirer lentement pendant une heure sur un tapis, à respirer de l’encens en chantonnant des mantras, j’ai envie de dire « oh ! Le yoga ça n’est pas que ça !« . Je voudrais expliquer à quel point le yoga peut être une discipline exigeante physiquement, et la satisfaction d’arriver à certains résultats, à force de persévérance.

Et en même temps…

Quand on me dit « ah oui j’ai fait un cours d’ashtanga, c’était pas mal au niveau cardio et je te dis pas les courbatures le lendemain ! », j’ai envie de dire « oh ! le yoga ça n’est pas que ça !« . Je voudrais raconter l’importance du souffle, le pranayama, les postures qui ne sont qu’un chemin vers la méditation, les yamas, et tellement, tellement d’autres choses…

Mais au fait, qu’est-ce qu’un sport ? Selon le CNRTL (un de mes sites préférés du monde), un sport est une « activité physique, le plus souvent de plein air et nécessitant généralement un entraînement, qui s’exerce sous forme de jeu ou de compétition, suivant des règles déterminées ». C’est aussi la « forme spécifique que prend cette activité physique, considérée comme une discipline autonome ayant ses règles, son organisation, son entraînement, ses codes, ses valeurs« .

Règles, organisation, entrainement, codes, valeurs. Oui. Jeu ou compétition ? Allons donc chercher la définition de jeu : « Activité divertissante, soumise ou non à des règles, pratiquée par les enfants de manière désintéressée et par les adultes à des fins parfois lucratives« . Intéressant, comme définition, non ? Participer à un cours de yoga, est-ce moins divertissant que d’aller courir une heure, marquer des paniers, répéter une chorégraphie ?

Au vu de ces descriptions, on peut reconnaitre sans trop d’effort que le yoga -une partie du yoga- s’inscrit bien dans la définition d’un sport.

Alors soit, le yoga est un sport. En partie. Je sais que cela va faire bondir certains yogis, mais le yoga est une activité physique, et pour certains il ne sera toujours que ça. Une discipline sportive quelque part entre la gym douce et la contorsion, selon les pratiques. Un sport où l’on demande de respirer de telle façon, où l’on propose des enchaînements, où les mouvements sont codifiés. Une pratique sans compétition, mais où l’on observe parfois ce que font les autres et où l’on se compare. Un ensemble d’exercices avec une possibilité de progression. Un moyen de se muscler et d’être en meilleure santé physique.

Mais dans ce cas, est-ce un sport… comme les autres ?

Je ne sais pas bien comment on pratique dans les sports « classiques ».

Ayant surfé à une époque et cotoyé pas mal de surfeurs, je sais qu’il y a le plus souvent chez eux un côté écolo ou au moins éco-conscient. Le surf apprend l’humilité. Il suffit de se prendre quelques grosses vagues sur le museau pour comprendre que l’océan est définitivement plus fort que soi. Le surf enseigne la patience : attendre la vague, ramer, revenir, attendre la vague, ramer plus loin, revenir, attendre… (oui j’attendais beaucoup, moi). Il pousse généralement à une certaine admiration de la nature, voire un sentiment de communion avec les éléments. : cela peut sembler mystique, mais surfer une vague est à mon sens une des plus belles expériences qu’on puisse vivre dans une vie. Si l’on ajoute la discipline nécessaire (il faut se plier aux horaires de marées, prendre soin de son matériel, persévérer, idéalement adopter une certaine hygiène de vie…) le surf peut finalement constituer un lifestyle à part entière, sous-tendu par des valeurs de tolérance, de reconnaissance, de respect de l’autre et de la nature.

Il est d’ailleurs révélateur de voir que ces valeurs, acquises à force d’application, de labeur face à des éléments à la fois peu coopérants et sublimes, sont moins présentes chez les snowboarders. Pour la plupart des snowboarders, arriver en haut de la montagne ne demande pas d’effort, remontées mécanique aidant. A 16h les pistes ferment et la nuit approche de toute façon… Le snowboard n’est pas le surf, même si certaines sensations peuvent se retrouver et si le snow se réclame de son cousin aquatique (c’est en tout cas ce que nous raconte le marketing, les mêmes marques se retrouvant sur les cimes et sur les plages). No pain, no gain. Moins on lutte à glisser sur sa planche, moins on semble avancer sur la voie de l’harmonie avec la nature.

Pour autant, fournir un effort important n’est pas garantie d’épanouissement. J’ai dansé, et vu le goût de l’effort et la recherche de la perfection… deux notions qui, poussées à l’extrême, peuvent causer bien des dégâts chez les jeunes danseurs et danseuses. Et que dire des pointes qui déforment les pieds, des séances d’assouplissement parfois proches de la torture ?

Pour ce qui est des « autres » sports, que je n’ai pas pratiqués et ne vois que de loin, j’ai l’impression que certaines valeurs sont généralement mises en avant : esprit d’équipe, respect de l’adversaire, respect des règles, persévérance, effort, implication, discipline. Mais à quel degré sont-elles indispensables pour progresser ? Si l’esprit d’équipe semble plutôt impératif pour avancer dans le foot, la bienveillance ou l’honnêteté en revanche ne semblent pas particulièrement développées chez les footballers professionnels. Notez bien que mon avis est uniquement basé sur ce qu’on entend ou lit dans les média, vu que je ne connais personnellement aucun footballer (mais avouez aussi que les footeux pros, c’est quand même pas les mecs les plus avenants de la planète).

Que dire du cyclisme, au sujet duquel on entend couramment que le dopage est la norme ? Que penser de toutes les pratiques sources de blessures, qu’il s’agisse de coups encaissés en combat de boxe ou des claquages dus à une pratique trop  intense ? Si le sport a généralement pour but d’améliorer ou maintenir une condition physique, que devient-il quand il met la santé du sportif en danger ?

La question que je me pose, finalement, c’est : « Est-ce que ces sports rendent heureux ? ». Est-ce qu’ils aident à se sentir bien ? Je peux imaginer que le joueur qui remporte un match de tennis est content. Mais l’est-il quand il perd ? On entend « l’important c’est de participer », mais quand on est très investi, qu’on s’entraine pour remporter une compétition ou un match… est-on vraiment satisfait même si l’on perd ? Plus l’enjeu demande d’effort, plus on doit être déçu…

J’ai ainsi la tentation de séparer les « sports » en deux catégories : ceux où l’on se confronte aux autres, et ceux où l’on est face à soi. Un même sport peut d’ailleurs entrer dans les deux catégories : celui qui court en compétition ne vit surement pas sa pratique comme celui qui arpente les routes uniquement pour son plaisir.

Je regrette de ne pas connaître mieux les arts martiaux, car je comprends que leur pratique intègre une dimension spirituelle, un cheminement moral. A ce titre, ils se rapprochent peut-être du yoga.

Parce que le yoga en tant que sport, finalement, n »est que la partie émergée de l’iceberg.

Le yoga, en vrai, est très loin de se limiter aux asanas. Le yoga est une pratique ancestrale, et a pour objectif de supprimer la souffrance. Pour cela il emprunte plusieurs voies, et la pratique physique s’inscrit à l’intérieur d’un ensemble bien plus vaste, bien plus riche.

Le yoga est une philosophie et un mode de vie.

Si on le souhaite.

yoga amélie

Le souffle des dieux- un voyage vers les origines du yoga moderne

Dire que le yoga est en vogue serait un euphémisme. Des millions de personnes pratiquent le yoga à travers le monde et de nombreuses célébrités en vantent les mérites. Bikram ou méditation, tantra ou ashtanga… le yoga a aujourd’hui autant de facettes que de débouchés commerciaux, les écoles traditionnelles côtoient les studios tendance, le yoga a ses salons, ses événements, ses marques, ses modes. Mais se réclame toujours d’une tradition millénaire indienne.

Comment une discipline initialement confidentielle,  réservée aux érudits, a-t-elle conquis le monde ? Les asanas (postures) étaient-ils réellement pratiqués dans les temps anciens ? Le réalisateur allemand Jan Schmidt-Garre a tenté de répondre à ces questions et nous emmène dans son voyage, à la fois géographique et spirituel, sur les traces du yoga moderne. Il s’est particulièrement attaché au rôle joué par Krishnamacharya dans la diffusion occidentale du yoga, rencontrant ses disciples et sa famille, et propose dans ce long-métrage de captivantes images d’archive, des interviews de grands maîtres (B.K.S. Iyengar, Pattabhi Jois) et quelques reconstitutions tout à fait honorables.

années 30

T. Krishnamacharya dans les années 30

Autant le dire tout de suite, le film risque de ne pas passionner les non-initiés. Même si le réalisateur (pratiquant mais loin d’être un athlète) fait l’effort louable de se filmer lui-même lors de cours, permettant à tous ceux qui ne peuvent s’asseoir en lotus de s’identifier quelque peu, l’ensemble du propos reste destiné aux yogis et yoginis déjà familiarisés avec les différents aspects et branches du yoga.

Ceci posé, et partant du principe que si vous lisez ces lignes c’est que le sujet vous intéresse un minimum, je vous le dis : le film est excellent, et je vous invite à aller le voir !

Les images d’archive, en premier lieu, sont précieuses. Voir Krishnamacharya pratiquer dans les années 20 ou 30 a quelque chose de fascinant et de très émouvant : le simhasana ou le sirsana du guru sont les mêmes que les nôtres, ou  en tout cas les mêmes que ceux vers lesquels nous tendons. C’est aussi très mignon de voir ses enfants pratiquer, notamment ses filles, y compris lors de séances qui ressemblent fortement à de l’acro-yoga… Et je dois dire que les images de sa femme en upavista konasana sont extrêmement réjouissante et m’ont fait aimer Krishnamacharya pour son absence de sexisme. Quand on connait la société indienne et la façon dont les femmes y sont souvent traitées, on doit reconnaitre quelque chose de visionnaire chez ce maître.

Une des reconstitutions du film : une présentation de yoga devant le roi de Mysore

Une des reconstitutions du film : une présentation de yoga devant le roi de Mysore

Le travail de recherche, ensuite, est intéressant. Schmidt-Garre est allé à la rencontre de 4 des 6 enfants de Krishnamacharya : son fils Sribhashyam et ses trois filles Pundarikavalli, Alamelu et Shubha. Ses disciples Patabhi Jois (décédé durant le tournage) et B.K.S Iyengar, aujourd’hui deux maîtres incontournables du yoga, sont également très présents. Ces différentes voix dressent un portrait riche et contrasté. Guide sévère mais protecteur ou maître intraitable ? Dépositaire d’un savoir millénaire ou créateur d’une nouvelle discipline inspirée des arts martiaux ?

T.K. Shribashyam, un des fils de T. Krishnamacharya

T.K. Shribashyam, un des fils de T. Krishnamacharya

Car Krishnamacharya, jeune érudit issu de la caste des brahmanes, spécialiste de la philosophie indienne, revenant de 7 ans passés à apprendre le yoga auprès de Ram Mohana Brahmachari au fin fond de l’Himalaya tibétain, semble bien avoir créé un « sport » spécialement pour le roi de Mysore. Un ensemble d’exercices toniques qui lui permettrait de rester agile, dans des années où l’Inde s’approchait de l’indépendance et faisait face à des perturbations majeures. C’est de là que vient le concept de vinyasa, d’enchainement de postures à un rythme soutenu. Il est d’ailleurs intéressant de voir le cheminement de Krishnamacharya sur ce point à travers les années. Professeur dans la yogashala créée par le roi, promoteur d’une discipline alors mal vue (les asanas, la partie physique du yoga, étant considérée alors comme réservée aux charlatans), diffuseur d’un yoga très physique, il est arrivé avec les décennies à un yoga recentré sur la respiration et les postures, un yoga thérapeutique, se rapprochant finalement du yoga développé par son disciple/dissident B.K.S Iyengar. Alors que Patabhi Jois de son côté diffusait ce qu’on appelle aujourd’hui Ashtanga yoga…

Ashtanga

Des séquences d’ashtanga yoga

Mais alors, peut-on comparer le yoga traditionnel indien, celui qui était transmis de maître à élève durant de longues années, celui dont la fonction première est d’amener le corps et le mental à la méditation, à l’extinction des sens, à l’extinction tout court… au yoga tel qu’il est aujourd’hui pratiqué en occident ?

Quand Jois évoque le Yoga Korunta, texte sacré décrivant des milliers de postures, retrouvé par Krishnamacharya et dont le seul exemplaire écrit sur des feuilles de palmier aurait été mangé par les fourmis… On s’approche plus du mythe que du fait historique. Reste que le yoga est évoqué dans de nombreux textes anciens, du Ramayana à la Baghavad Gita, sans oublier les Yoga Sutras, qui sans avoir 5000 ans datent tout de même (environ) du deuxième siècle avant J.C. Les asanas existaient avant Krishnamacharya, ils s’inscrivaient dans un tableau plus vaste, n’étant qu’un aspect du yoga.

Au final, le réalisateur (et nous avec) ne trouve pas vraiment de réponse à sa quête. On peut aussi déplorer que le film n’explore que l’influence de Krishnamacharya, délaissant d’autres maîtres comme Sivananda (contemporain et lui aussi diffuseur du yoga en occident). Mais après tout, c’est UN voyage vers les sources du yoga… La seule certitude, c’est que le yoga est bien plus qu’un sport. Comme le rappelle Shubha, le yoga nécessite « l’alliance de la respiration, du mouvement et de la concentration », sans cela, comme le conclut Schmidt-Garre, « le plus vieil asana du monde ne sera qu’un exercice de gymnastique ».

Laura Sykora, une yogini très suivie sur Instagram

Laura Sykora, une yogini très suivie sur Instagram

Il parait qu’à l’issue de ses 7 années d’apprentissage dans l’Himalaya, le maitre de Krishnamacharya lui a demandé, en paiement de son enseignement, de diffuser le yoga dans le monde. Je me dis que pour y arriver, pour pousser les occidentaux à s’intéresser à une philosophie orientale, il fallait être malin et ruser. Peut-être que le plan est en cours d’exécution. Peut-être que via le vinyasa flow, les studios à 40° du bikram, ou tout autre école qui apparaitra certainement encore, c’est le yoga dans son ensemble qui diffuse. Et si pour arriver à une humanité sensibilisée aux devoirs moraux, à la discipline et à la concentration, il faut l’inviter à poser son nez sur ses genoux (ou ses orteils derrière sa tête) c’est finalement tout bénef’… Non ?

Le souffle des dieux- un voyage vers les origines du yoga moderne

Film documentaire de Jan Schmidt-Garre, 2014, VO sous-titré français, 101 mn

Bande annonce ici

DVD en vente ici

souffle

Yoga sur Instagram : 10 profils incontournables

Un article dédié au yoga sur Instagram, et à quelques comptes inspirants… à lire sur mon blog Les vies d’Amélie

@yogabeyond

Les vies d'Amélie

Instagram… pour ceux qui ne connaitraient pas, c’est une appli gratuite, disponible sur App Store et Google Play, et qui permet de prendre des photos et de les traiter avec des filtres (Earlybird, X-Pro II, Lo-Fi… non ? ça ne vous dit vraiment rien ?) pour leur donner un aspect vieilli, « original »… En gros, prenez une photo bien banale de votre dessert/chat/voiture et faites-en de l’art (voir à ce sujet l’excellente parodie en chanson ici).

Mais Instagram est aussi un réseau social mondial, qui fonctionne comme Twitter avec des hashtag (#), où l’on peut rencontrer plein de monde autour de centres d’intérêt commun… dont le yoga.

La communauté yoga est très active sur IG et si vous lancez une recherche avec #yoga, #yogini, #yogisofinstagram ou encore #yogachallenge vous risquez de tomber sur pas mal de photos époustouflantes, de vidéos instructives, de conseils utiles, et même de vous faire quelques amis…

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